mardi 17 avril 2018

Quinze premiers jours d'avril en Philatélie

L'avantage d'un réseau social aux participants mi-professionnels, mi-amateurs comme Twitter est de continuer à suivre l'actualité ou de découvrir des connaissances nouvelles alors que je n'ai en ce moment peu de temps pour écrire sur ce blog.

Questionnement métaphysique autour de l'oblitération au feutre :
À force de recenser les annulations de timbres britanniques au stylo ou au feutre par les postiers et facteurs de Royal Mail, Ian Billings se demande le samedi trente-et-un mars si les timbres d'entraînement du Post Office vendus comme tels par les marchands, ne seraient pas de banales oblitérations au feutre - quoique réalisées d'une ligne bien droites verticalement ou horizontalement au milieu du timbre.



Film épistolaire à Guernsey :
À l'occasion de la sortie de l'adaptation cinématographique du roman de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows le vingt avril prochain outre-Manche, le service philatélique de Guernsey met en vente des souvenirs avec oblitération spéciale de sa série de timbres de 2011.


À travers un échange épistolaire entre deux amies, The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society raconte comment un groupe d'Îliens parvient à berner l'occupant allemand sous couvert d'une société litéraire où ils partagent lectures et tarte d'épluchures de patates.

Pour un rappel des tragédies de l'occupation nazie des îles Anglo-Normandes, revoir la conférence de Ron Brown à la Royal Philatelic Society London en septembre 2016.

Histoire postale française de part le vaste monde :
Le mercredi quatre avril, l'Indien Mani Muthukrishnan signale une enveloppe, pièce pionnière des tout premiers vols de poste aérienne. En 1911, le pilote français Henri Péquet la transporte, avec quelques milliers d'autres, sur treize kilomètres en treize minutes entre Allahabad et la gare de Naini, dans le cadre de l'exposition universelle, avant qu'elle ne parte rejoindre Zürich par les moyens plus habituels de l'époque.



Nouvelle illustrée entre curiosité, inquiétude et Blair Witch Project :
On découvre aussi, hors philatélie, de petites pépites d'inventivité utilisant tous les atouts de l'outil twittant : le vendredi treize avril, Gawanmac raconte une courte randonnée dans une forêt grand-bretonne dans le but de découvrir quel lieu de culte se trouverait au milieu de la campagne.


Simple marche en forêt vers une chaleureuse petit église rurale ou errance au risque de croiser les sorcières d'Hamlet ? Labyrinthe sylvestre sans conséquence du dernier Legend of Zelda ou plonger dans l'effroi du Projet Blair Witch ?

Correspondre tu t'obligeras, une réponse viendra :
Plusieurs exemples de correspondances parviennent dans la presse ou les réseaux sociaux, à la surprise des destinataires et même des expéditeurs : écrire une lettre sur du vrai papier authentique à un magazine de jeux vidéos, remercier un auteur de bande dessinée pour les émotions qu'il offre et recevoir un dessin dédicacé (lire aussi dans Ouest France).

samedi 31 mars 2018

Roi George, tarifs et centenaire de la Royal Air Force

Ce dimanche premier avril 2018 marque le centenaire de l'établissement de la Royal Air Force et celui de l'entrée dans ces nouvelles forces aériennes britanniques du Prince Albert, futur Roi George VI.
Le Prince Albert Windsor, alors officier de la Royal Air Force, en 1919 (via la base documentaire Commons de Wikimedia).
Après une formation navale, le second fils de George V servit dans la Navy pendant le début de la Grande Guerre, participant comme officier de tourelle à la bataille du Jutland - même si son navire fut tenu à distance des zones principales de combat, ce qui le désespéra autant que ses graves problèmes gastriques.

Après une opération chirurgicale en 1917, il intègre la formation du Service aérien de la Marine royale début 1918 à Cranwell, dans le Lincolnshire. Baigné dans l'ordre et la discipline depuis tout jeune à la Cour puis dans la Marine, le Prince se retrouve à gérer le quotidien d'un navire terrestre de cinq cents jeunes marins qu'il fallut former à la discipline militaire, aux besoins des forces aériennes... dans la pagaille de la fusion annoncée des forces aériennes de la Marine et de l'Armée, prévue pour le premier avril suivant.

La base et ses hommes sont organisés comme un navire avec ses quarts et ses tribords... mais aussi des grades de l'Armée portés par des marins ayant conservé leur uniforme et des officiers de l'Armée toujours dans leur uniforme d'origine... Le capitaine de la RAF "Albert, Prince" est, dès lors, réputé trop strict par les remuantes jeunes recrues. Même si son second - un civil ! - témoigne de la justesse et de la pertinence de ses décisions, autant les sanctions que les permissions.

Lassé des querelles de protocoles et du désordre ambiant, il est transféré début août au quartier-général de la RAF à St Leonards-on-Sea, dans le sud-est de l'Angleterre, où il commande une escadrille de cadets.
Classe ouverte : une médaille de long service et bonne conduite de la Royal Air Force de 1948 (via la base documentaire Commons de Wikimedia).
Bien que pilote qualifié, sa qualité de prince et donc d'héritier potentiel de la Couronne le maintient éloigné des combats. Il obtint néanmoins de servir enfin sur le continent sous la direction du Général Trenchard, à Autigny, de fin octobre 1918 à janvier 1919. Il y arrive par avion le vingt-trois octobre à bord d'un bombardier Handley Page.

Le pilote, Louis Greig, est initialement un médecin naval, mais sa rencontre avec le Prince en 1909 alors que celui-ci est encore un cadet, a changé sa vie. Réunis en 1916, les deux hommes sont inséparables pendant six ans : Greig suit donc Albert dans les Forces aériennes, lui apprenant à Cranwell à conduire une voiture (avec l'autorisation du Roi) et l'entraînant au tennis avec un succès qui permet au Prince de participer au tournoi de Winbledon en 1926.
L'émission du centenaire de la Royal Air Force du vingt mars dernier (boutique web de Royal Mail).
Fin de ma gorgeoquintophilie - merci Sarah Bradford - pour un retour à l'histoire postale contemporaine : par la grâce des choix du service philatélique de Royal Mail, l'émission du mardi vingt mars peut intéresser les amateurs de tarifs postaux.

Signalé par Ian Billings, les tarifs internationaux de poste aérienne portés par six timbres de l'émission (deux des trois diptyques et deux des quatres timbre du mini-feuillet sur les Red Arrows, la patrouille accrobatique de la RAF) sont devenus obsolètes le jour même !

Ainsi, il faut ajouter un Machin de cinq pence pour que les timbres d'une livre quarante puissent porter le pli de moins de vingt grammes au-delà de l'Europe (£ 1,25 pour l'Europe, ou le monde jusqu'à dix grammes).

Mais, les £ 1,57 ne peuvent être complétés puisque le tarif jusqu'à cent grammes pour l'Europe baisse de deux pence... Conclusion du marchand de Norvic Philatelics : encore une preuve que les timbres actuels ne sont pas créés pour servir sur le courrier ?

Voire, un moyen de traire de quatre pence les collectionneurs qui oseraient utiliser postalement ces timbres ?

Souci final pour les puristes : une lettre de moins de cent grammes pour l'Europe affranchie d'un de ces £ 1,57 sera forcément sur-affranchie (comme celle-ci magnifiquement oblitérée sans stylo), donc indigne d'une collection ?

mardi 27 mars 2018

Un serial personaliser belge frappe encore à Londres

En bon Français que je suis, j'ai oublié de retrouver et de scanner deux timbres jusqu'à ce dimanche et, curieux hasard, ce mardi midi, j'obtiens trois nouveaux exemplaires d'un coup dans ma boîte aux lettres.

Alertons donc de suite le monde : il y a un personnaliseur en série en liberté dans les rues de Londres !

Timbre personnalisé de Belgique à l'effigie de la RPSL oblitéré du dix février dernier.
Ce midi au courrier, une enveloppe comportant l'annonce d'une opération de la Royal Philatelic Society London pour le financement du réaménagement de son nouveau siège, au 15 Abchurch Lane, dans la Cité de Londres.

La lourdeur de la tâche a demandé trois timbres à un point Europe, dans la version personnalisable proposée par Bpost, la poste belge. La personnalisation étant le logotype de la RPSL.

Oblitérés par la Société le dix février 2018, deux jours après l'exposition de son Président Patrick Maselis.
L'enveloppe entière du dix février 2018.
Avec une étiquette de poste aérienne prioritaire belge...

... timbres belges, oblitération privée britannique...

Quel circuit ! Mais ce n'est pas la première fois :
En juin 2017, des informations sur Stockholmia 2019 avec les mêmes timbre et oblitération.
En effet, lors de l'assemblée générale de la RPSL, le vingt-deux juin 2017, l'annonce d'une présentation monégasque de Stockholmia 2019, exposition du cent-cinquantenaire de la Société, reçut la même élégante quoique postalement perturbante présentation.

Sauf que ce n'était pas la première occurrence... et depuis cinq ans, j'oublie de poster sur :
Déjà, en Belgique en 2013...
... ce timbre personnalisé de l'entreprise agro-alimentaire Maselis, fondée en 1829, avec oblitération  du dix-neuf mars 2013 du bureau philatélique de Malines (Mechelen en flamand), pour l'annonce d'une réunion Benelux des membres de la RPSL.

Mon Dieu, membres de la Royale, vous avez élu un serial personaliser à la tête de la Société !

lundi 26 mars 2018

Visite d'Elizabeth II en Allemagne

Trouvée dans une brocante organisée le long du Rhin à Cologne pendant des vacances d'été, cette enveloppe commémorative privée marque la visite d'État de la Reine Elizabeth II en République fédérale d'Allemagne, en 1965.
Le timbre montre l'hôtel de ville de Bonn, alors capitale de l'Allemagne de l'Ouest.
D'après les archives diplomatiques françaises - consultées avec l'aide de Google Books, la Reine a accompli un parcours germanique du dix-huit au vingt-huit mai 1965, avec une étape à Berlin-Ouest le vingt-sept.

L'enveloppe est oblitérée d'un cachet commémoratif du vingt mai de la ville de Wiesbaden, en Hesse. À en croire les ventes de lots d'enveloppes de ce voyage - à illustrations privées mutliples, celle que je présente étant la plus para-philatélique -, il y aurait ainsi eu onze oblitérations différentes.

La série de cette enveloppe paraît imiter - ou amincir, vieil... mûrir, mais c'est une appréciation personnelle - une des variantes d'ornementation du type Wilding, la série alors en usage courant dans les postes britanniques.

Chaque ville est représentée par un de ses monuments. Wiesbaden, ville thermale, par la façade et la fontaine de la Kurhaus, littéralement la « maison de cure », inaugurée en 1907 pour remplacer la présence trop petite face aux besoins du nombre croissant de curistes.

samedi 24 mars 2018

La poste iranienne face à la cartographie du Cachemire

Découvert grâce au fil Twitter de Better Philately, blogueur spécialisé dans les États-Unis et l'Inde, le Nouvel An perse, Norouz, est célébré au moment de l'équinoxe de printemps dans douze pays et deux régions de l'Asie centrale à l'océan Indien, de la Turquie à l'Inde, bien au-delà de l'Iran.
Le timbre iranien de la célébration globale de Norouz de 2016, à donner des sueurs froides aux Indiens (via le fil Twitter de BetterPhilately, vingt-et-un mars 2018).
Comme ces dernières années, la République islamique d'Iran tente de devenir un acteur notable de la région face à d'autres puissances, il n'est pas surprenant que le pays perse marque d'un timbre l'ensemble des pays où le Nouvel An perse est fêté.

Cela donne ce timbre de 2016 avec carte des douze pays (mais sans les régions russe du Daghestan et chinoise du Xinjiang également concernées) et leurs drapeaux. Notons l'insistance à nommer une seul objet géographique en anglais : le golfe Persique... après quelques débats avec ses voisins irakiens sous Saddam Hussein et arabes de l'autre rive sur l'adjectif.

Sauf que l'illustrateur a buté sur l'Inde. Certes, il a cartographié le Cachemire d'après les limites du contrôle effectif que l'Inde, le Pakistan et la République populaire de Chine ont sur cette région disputée depuis la partition de 1947 : à majorité musulmane alors gouvernée par un roi hindou.

Pire, et plus étrange : les États de l'est indien sont omises... tout comme la partie européenne de la Turquie (Thrace orientale) paraît atrophiée. L'illustrateur a-t-il utilisé une carte avec une projection imitant au mieux le globe et qui lui aurait caché ces extrémités de la carte ?

Variante verdoyante et géopolitiquement plus correcte de 2018... quoique : où baignent les poissons ? (via le fil Twitter de BetterPhilately, vingt-et-un mars 2018).

Deux ans après, nouveau timbre apparemment sur le même modèle - et avec la présidence Trump en embuscade... - et des améliorations : le Cachemire est dissimulée sous le ruban du cadeau de la fertilité printanière...

Mais le fond de carte n'a pas changé : Thrace orientale et Est indien sont toujours porté disparus. Même des poissons atteignent Calcutta par le Bangladesh.
Le feuillet iranien de l'émission conjointe sur la liaison maritime indo-iranienne, essentielle pour contourner le Pakistan et les ambitions chinoises (communiqué de presse de la poste iranienne, quatre mars 2018).
Dur, dur d'éduquer les peuples à la cartographie sur un document à valeur officielle et diplomatiqe, surtout que, fin février dernier, le Premier Ministre indien Narendra Modi et le Président iranien Hassan Rohani ont dévoilé ensemble l'émission conjointe sur la liaison maritime entre leurs ports de marchandises de Chabahar, dont le développement fut financé par des capitaux indiens, et de Kandla.

Pas le moment donc de vexer son partenaire commercial.

Les curieux se référeront au numéro consacré au Baloutchistan par le Dessous des cartes, diffusé sur Arte le samedi trente septembre 2017 et évoquant ces questions portuaires et les investissements portuaires chinois à Gwadar, au Pakistan, à cent kilomètres à vol d'oiseau de Chabahar...